Nuit et Brouillard, Lutter contre l'oubli c'est aussi lutter contre le retour possible de bourreaux Par Mélody Aouad
Nuit et Brouillard est le nom donné au décret du 7/12/1941 qui ordonne la déportation pour tous les ennemis ou opposants du Reich. Nuit et Brouillard est aussi le titre d'un film documentaire d'Alain Resnais traitant de ce sujet. Ce film a été commandé par le Comité d'histoire de la Seconde Guerre mondiale pour le 1 Oeme anniversaire de la libération des camps de concentration. Le réalisateur utilise 3 types d'images : - les images tournées en 1955 en couleurs, à Auschwitz ; - celles tirées des archives nazies : beaucoup de photos fixes ; - celles des cinéastes des armées alliées qui ont ouvert les camps en 1945. Le documentaire parle de la vie dans les camps de concentration et du sort réservé aux Juifs et aux Tziganes dès l'année 1933. Les camps de concentration forment des petites villes avec leurs « hôpitaux, habitations et usines ». Les prisonniers sont amenés par trains entiers, on peut voir sur leurs visages, des signes de tristesse, de peur et d'horreur. Dès leur arrivée, ils sont déshabillés et rasés pour les humilier et les démoraliser. Ils seront rhabillés avec des tenues réglementaires (sorte de pyjama de toile), un numéro leur sera ensuite tatoué sur l'avant-bras. Tous les objets de valeur leur sont confisqués. Pour ne pas créer de liens et pour faire perdre tout espoir de retrouver la liberté, les familles sont séparées, rares sont ceux qui se retrouvent. Les hommes en état de travailler vont dans des usines jusqu'à ce qu'ils meurent, les personnes âgées, les femmes et les enfants sont envoyés dans les chambres à gaz et les fours crématoires. Dans les hôpitaux les malades servent de cobayes pour des expériences scientifiques. Les conditions de vie sont déplorables. Les déportés peuvent dormir à 10 sur la même couchette en bois prévue pour en supporter 3. Ils ne se lavent pas et mangent très peu. Les toilettes, situées entres les 2 rangées de couchettes ne sont que des trous creusés dans la pierre. Même morts les déportés étaient « utilisés » : - leurs cheveux étaient transformés en tissus ; - leurs os une fois broyés servaient d'engrais ; - leur peau servait de papier à dessin. Lutter contre l'oubli c'est aussi lutter contre le retour possible de bourreaux
De futurs citoyens s'expriment...